Femme en lutte: Malika Barra


ةpouse de Brahim Barra prisonnier politique de Sidi Ifni
Il est 9h, ce mardi 13 janvier. Malika Barra est déjà au local d'Attac de Sidi Ifni au sud du Maroc. Elle observe, avec d'autres familles, un sit-in permanent en soutien aux prisonniers politiques en grève de la faim, dont son mari Brahim Barra fait partie.
Malika a 33 ans, elle est la maman d'un petit Rafik Barra qui va bientôt souffler sa quatrième Bougie. Elle fait partie de ces femmes qui se sont retrouvées au cœur des évènements sociaux de Sidi Ifni, en juin denier.
Malika n'est pas que l'épouse d'un militant, elle même est militante d'Attac, elle est également membre de l'association marocaine des diplômés chômeurs, alors qu'elle est diplômée depuis 1999.
Depuis, elle n'est pas restée les bras croisés, elle a travaillé comme ouvrière jusqu'à la naissance de son fils. Dans son usine, elle était déléguée du personnel, rattachée à un syndicat dont elle s'est faite exclure. La direction syndicale n'appréciait pas son refus du traitement bureaucratique réservé aux doléances des ouvriers qu'elle représentait. Avec ses camarades, ont fini par faire le choix d'être indépendants de toute appartenance syndicale.
Aujourd'hui, Malika poursuit son engagement, pour la libération de tous les détenus politiques. D'ailleurs, elle commence toujours par évoquer les autres détenus avant de parler de son mari. Quand elle se rappelle un détail concernant un prisonnier, elle se reprend aussitôt, " avant que j'oublie un tel est malade, l'autre a besoin d'un régime.."
" C'est une cause commune ", dit-elle, " mon mari et les autres sont en prison pour les mêmes raisons, le refus de la corruption et l'exigence du droit au travail ".
Malika évoque son mari, son arrestation, le ton serein confiant, même quand elle parle des moments graves. Les provocations de la police, qui a investi son domicile de nombreuses fois, le jour où des policiers en civil l'ont menacé avec leurs pistolets devant son petit Rafik.
Malika Barra raconte, la voix douce, paisible. Un calme qui contraste presque avec la détermination de l'épouse et de la militante.
Fouzia Maqsoud