Discours de Rassemblement Sidi Ifni Ait baamrane           

Cliquez pour agrandir l'imageC'est avec une grande émotion que je m'adresse à vous au nom des habitants de Sidi Ifni, afin de les soutenir en cette période difficile. Il me semble indispensable, de vous résumer brièvement l'histoire socio-économique de cette ville, afin de mieux comprendre la situation actuelle des ifnaouis.
Sidi Ifni est une ville côtière de 20 000 habitants, située au sud du Maroc, c'est une ancienne colonie espagnole. Ce territoire n'a été  rétrocédé au Maroc que le 30 juin 1969. Soit plus de 12 ans après l'indépendance du Maroc. Depuis cette date, la situation s'est dégradée et empirée au fil des années. ہ Sidi Ifni, l'ةtat Marocain est absent. Ville autrefois en pleine expansion, elle connaît depuis un processus de marginalisation et de paupérisation. Les habitants de Sidi Ifni ne bénéficient même pas de la principale richesse de la ville, à savoir la richesse maritime. Cette richesse est exploitée et gérée au bénéfice des lobbies économiques extérieurs à la région.
Les emplois générés par l'activité portuaire ne concernent pratiquement pas les ifnaouis, dont le taux de chômage dépasse actuellement les 30%.
Une population qui subsiste que grâce au soutien de ses migrants.
Depuis 2001, le gouvernement marocain s'est engagé publiquement à développer l'économie de cette région, sans apporter de réelles avancées. Face à cette situation socioéconomique critique, en août 2005, 10 000  personnes se sont mobilisé et manifesté leur mécontentement. Pour apaiser la tension, l'Etat accorde un poste de chirurgien à l'hôpital d'Ifni et deux ambulances,  et quelques promesses pour des travaux d'infrastructures portuaires et urbains.
Trois ans après, les promesses, étaient toujours que des promesses.
L'absence de perspective d'avenir pousse les jeunes chômeurs à manifester. Ces derniers décident le 30 mai 2008 de bloquer l'accès au port afin de dénoncer la dégradation de leurs conditions de vie et d'exiger l'examen concret de leurs revendications. Face à ce blocus, le gouvernement envoi dans la nuit du 6 au 7 juin 2008,  4000 agents des forces de l'ordre pour disperser les manifestants et réprimer toute une population.
On a matraqué, on a défoncé les portes, on a pillé, on a torturé, on a maltraité, on a humilié, cette répression a suscité l'indignation de l'opinion publique nationale et internationale qui a immédiatement manifesté sa solidarité en organisant des manifestations au Maroc et en Europe.
Mais le gouvernement ne prend aucune initiative afin de sanctionner les forces de l'ordre, à l'origine des violences , des vols et des tortures infligés aux habitants. Les autorités optent plutôt pour l'arrestation des 22 représentants du mouvement social d'Ifni. Ces jeunes se retrouvent sur le banc des accusés, alors que l'Etat reconnaît la légitimité des revendications.  Le pouvoir commet une grave erreur en pensant pouvoir dissocier le besoin de développement socio-économique exprimé par la population D'ifni et leur droit démocratique à l'expression de ce besoin.  Aujourd'hui s'ouvre au tribunal d'Agadir le procès de Brahim Bara, Hassan Agharbi, Mohamed Ouahadani, Khadija Ziane et 18 autres militants du mouvement social d'Ifni. 12 d'entre eux attendent ce procès depuis plus de six mois dans la prison surpeuplée d'Inezgane tandis que 10 autres sont en liberté provisoire. Ces jeunes sont inculpés sous de très lourdes charges : constitution et direction d'une bande criminelle, insultes à fonctionnaires, destruction d'installations industrielles, rassemblement armé, etc…
L'arrestation de la militante Khadija ZIANE, plus d'un mois après les événements, témoigne de l'acharnement des autorités marocaines sur les représentants du mouvement social de Sidi Ifni.

Notre amie Fouzia, en dira sûrement, un mot sur cette militante qu'on a arrêtée abusivement lors d'une visite des familles à la prison Inzegane. On veut lui faire payer sa solidarité et son engagement.

A Sidi Ifni , on incrimine également la solidarité comme on a incriminé la solidarité à Gafsa, en condamnant des militants pas engagés dans les manifestations.

La présence aujourd'hui, parmi nous de Madame Malika Rifi  est un grand geste, pour réaffirmer l'importance de la solidarité internationale. Alors que son fils comparaît aujourd'hui à Agadir, cette mère courageuse a répondu favorablement à l'invitation de venir témoigner devant vous... Le combat pour la libération pour les détenus de Sidi Ifni, se mène également, ici, à Paris et dans d'autres capitales européennes.
C'est pour çà, je vous dis à Samedi prochain, après demain, à 15h à l'esplanade des droits de l'Homme pour manifester, encore une fois notre solidarité avec toute une population, celle de Sidi Ifni Aït Baamrane.
Sidi Ifni a besoin de retrouver ses enfants emprisonnés
Sidi Ifni a droit de bénéficier de ses richesses naturelles
Sidi Ifni a besoin de retrouver sa dignité bafouée.ne